Révolutions


  Quel algérien n’a pas regardé cette série des années 70, adaptation du bouquin de Mohamed Dib? Quel algérien ne se souvient pas de cette voix off aux accents dramatiques sur une musique triste évoquant les méfaits du colonialisme qui, disait la voix, « a transformé le peuple algérien en un troupeau dont la seule quête est la recherche d’un pâturage ». C’est à peu près ce que le pouvoir algérien a fait de ce même peuple après 20ans d’une guerre civile sanglante et la réinstauration d’un régime politique dictatorial après une fenêtre démocratique vite refermée. L’algérien ne se fâche plus que lorsque les prix de l’huile et du sucre augmentent. Quelle tristesse!

 

Il y a presque deux ans, sur ce même blog, j’étais jaloux des américains et de la campagne d’Obama. Aujourd’hui, je suis jaloux des tunisiens et des égyptiens. Il faut reconnaître que seuls les peuples qui le méritent et qui le payent parfois dans le sang ont droit à ces magnifiques images de peuples hier méprisés qui se retrouvent solidaires, exigeants, enthousiastes et optimistes après avoir imposé leur volonté. Ces foules qui ne se laissent pas berner par les manoeuvres des politiques et ne laissent pas les corrompus les corrompre avec une baisse du prix de l’huile et du sucre. Sans nul doute, malgré les tentatives de contrer ce mouvement, la Tunisie et l’Egypte sont entrées dans l’an I de leur voyage dans la modernité. Ils ont nettoyé leurs rues comme ils ont nettoyé le pays de la tête de la dictature et la corruption.

 

Un analyste du New York Times qui a passé plusieurs jours sur la place Tahrir et qui a assisté aux scènes d’ivresse et de nettoyage a écrit : « Pourquoi les rues dans les pays où il n’y a pas de démocratie sont souvent sales? Personne ne lave une voiture louée. Dans ces pays, les gens ne sentent pas que le pays leur appartient. Aujourd’hui, les anonymes, en Egypte, nettoient les rues et les statues. »

 

Chez nous, quel espoir? Tout est réglé? L’huile et le sucre sont accessibles? Détrompez-vous dictateurs généraux tortionnaires. Détrompe toi, toi l’ami de Khadafi et l’admirateur de Moubarak et ses constitutions sur mesure. Ce peuple, mon peuple, a toujours fait précéder ces accès de colère d’un calme trompeur, à peine quelques soubresauts qui affleurent à la surface d’une eau qui dort avant une explosion bien plus violente qu’ailleurs.

 

Lisez Mimouni, espèce d’ignares: 

« – Les hommes et les oueds de ce pays se ressemblent. Ils ne connaissent pas la mesure. Ils sont à sec ou débordent. J’attends la crue imprévue, irrésistible et violente qui viendra balayer ces monceaux d’immondices. »

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un commentaire

  1. Fort juste

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